JOURNÉE MONDIALE DES LÉPREUX. 
Dernier dimanche de janvier 


"Le problème de la lèpre ne se limite pas à son aspect médical. Il atteint le coeur de l'homme"
 (Mahatma Gandhi, 1945)

Qu'est ce que la Lèpre ? Mais elle doit être dépistée à temps
La lèpre ou maladie de Hansen, est une maladie infectieuse évoluant lentement (2 à 10 ans d'incubation). Elle est due à un bacille proche de celui de la tuberculose. Elle se transmet par les voies respiratoires ou par contact cutané. Les premières manifestations de contagion sont les taches qui apparaissent sur la peau. La lèpre existe dans plus de 70 pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine ou du Pacifique Occidental. Elle est endémique dans 28 pays (plus d'un cas sur 10 000 habitants). Il est cependant impossible de connaître le nombre exact de personnes contaminées. Certains malades ignorent qu'ils sont atteints, d'autres préfèrent se terrer à l'abri du mépris.
747 369 nouveaux cas ont été enregistrés en juillet 1999 (source OMS), soit environ 65 cas par heure parmi lesquels 11 sont des enfants et 5 ont déjà des invalidité graves.

La lèpre ne tue pas, mais elle a des conséquences irrémédiables

Les coûts du traitement
Quand elle n'est pas dépisté à temps, elle affecte successivement la peau, le système nerveux, les os et les organes vitaux. Elle entraîne une disparition de la sensibilité, notamment aux mains et aux pieds, débouchant sur la perte des signaux de douleurs. Coupures, lésions cutanées et brûlures peuvent s'ulcérer et affecter tout u membre. Le malade est alors exposé à de graves handicaps physiques.
La lèpre conduit aussi à d'importante conséquences psychologiques et sociales : souvent rendu difforme, le malade est bientôt sujet à des réactions intolérables de rejet et d'exclusion sociale.

Les coûts varient d'un pays à l'autre selon l'éloignement et l'infrastructure mise en place. Ils dépendent d'une part du type de l'affection : lèpre multibacillaire ou lèpre paucibacillaire moins fréquente parce que moins contagieuse ; et d'autre part de l'état clinique du lépreux au moment ou il est examiné. Si le malade est bien soigné la guérison peut prendre de 6 Mois à 2 ans, selon l'état d'avancement de la maladie. Il est fréquent de devoir recourir à la chirurgie réparatrice pour redonner une certaine autonomie fonctionnelle au malade (les mains par exemple). A noter que l'accès à la chirurgie est souvent difficile, voire impossible dans certains pays.

10 F = 1 mois de traitement qui permettra l'arrêt de la contagion.
250 F = la guérison d'un malade

On peut guérir de la lèpre

La maladie des guerres et de la pauvreté
S'il n'existe pas de vaccin contre la lèpre, la mise au point en 1981 d'un traitement par polychimiothérapie, qui allie 3 antibiotiques, a permis d'enregistrer un net recul de cette affection : selon l'OMS, plus de 10 millions de malades ont ainsi été guéris. Chaque année, des centaine de milliers de personnes ne peuvent être soignées et restent handicapées à vie faute d'avoir été dépistées et donc traitées, leur pays ou région étant ravagés par une guerre ou ne disposant pas des infrastructures requises.
L'ILAD Fondation de l'Ordre de Malte développe un traitement, soutenu par l'OMS, basé sur une prise mensuelle d'antibiotique. Outre l'allégement considérable du traitement, la guérison est effective en 6 ou 24 mois selon l'affection. Dans les 24 ou 48 heures après la première prise, le malade n'est plus contagieux.

Malgré le traitement la lèpre continue toujours à sévir dans la ceinture de pauvreté du monde.

La mobilisation de l'Ordre de Malte contre la lèpre

L'Ordre de Malte n'a pas attendu les progrès de la science moderne pour accorder une attention particulière à toutes les formes possibles d'assistance aux lépreux. Déjà au XII siècle, dans leur hôpital St Jean de Jérusalem, les Hospitaliers se sont distingués par la qualité des soins apportés aux lépreux. Au fil de son histoire, l'Ordre de Malte a créé un grand nombres de léproseries, lazarets ou maladreries à travers toute l'Europe.
En 1958, l'Ordre de Malte crée le Comité exécutif International de l'Ordre de Malte pour l'Assistance aux lépreux (CIOMAL) ; il fut parmi les fondateurs, en 1965, de la Fédération Internationale des Associations contre la lèpre (ILEP) dont le but est de coordonner les activités des vingt associations qui la composent. Les Oeuvres Hospitalières Françaises de l'Ordre de Malte sont membre du CIOMAL et de ce fait participe aux travaux de l'ILEP.

Depuis leur création les Oeuvres Hospitalières Françaises de l'Ordre de Malte participent à la lutte contre la lèpre.
  • les soins : dépistage, traitement, éducation sanitaire, réhabilitation fonctionnelle (Guinée, Sénégal, Cambodge, Vietnam...)

  • la recherche : laboratoire de recherche léprologique, anciennement Pavillon de Malte à l'hôpital Saint Louis à Paris ; Institut de Léprologie Appliquée de Dakar (ILAD) Fondation de l'Ordre de Malte, au Sénégal.

  • l'enseignement

  • la formation de personnel spécialisé

Journée Mondiale des Lépreux

Chaque année, les Oeuvres Hospitalières Françaises de l'Ordre de Malte participent, le dernier dimanche de janvier, à la journée Mondiale de Lépreux (J M L) depuis son institution en 1954.  A cette occasion, elles sont autorisées à quêter sur la voie publique dans toute la France. En 1999, 6 149 617 francs ont pu être ainsi recueillis.
L'intégralité des fonds recueillis lors de la J M L est attribuée à nos programmes de lutte contre la lèpre. Ils en sont la principale source de financement.

Présence dans 9 pays : des exemples d'actions concrètes

L'Institut de Léprologie Appliquée de Dakar (Sénégal). Il fait partie des 11 centres internationaux de formation agréés par l'ILEP. Plus de 300 médecins sénégalais, africains, européens ou asiatiques ont déjà été formés. Des centaines d'infirmiers, kinésithérapeutes, techniciens de laboratoire ou assistant sociaux ont également reçu la formation qui leur était indispensable pour participer aux programmes de dépistage, de traitement et de suivi du malade dans leur pays respectif.
Parallèlement, l'ILAD développe une importante activité de soins : consultations, hospitalisations (60 lits), chirurgie réparatrice, réhabilitation fonctionnelle.

Des dispensaires proches des malades : En Guinée, prise en charge d'un programme de lutte contre la lèpre, avec comme point de départ le dispensaire régional de référence à Pita, puis la mise en place progressive dans 14 départements. Entre 1987 et 1997, plus de 7000 malades ont été dépistés et près de 6000 guérisons enregistrées.
Contribution au fonctionnement ou à la création de centres de soins : au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en Inde et au Brésil.
Participation aux programmes nationaux : au Gabon, en Guinée, au Cambodge et au Vietnam.